BRETAGNE, LA DOUBLE PEINE POUR LES SALARIES ET CITOYENS

Publié le par Jacques Machard

 

Bretagne, la double peine pour les salariés et citoyens.

 

Je comprends les salariés bretons qui défendent leur emploi.

Je comprends moins qu’ils le fassent aux côtés de leurs patrons éleveur ou agriculteur qui n’ont ni les mêmes motivations ni les mêmes objectifs.

 

Car enfin, qui a pratiqué une agriculture et un élevage intensifs sans se soucier de préparer leur avenir et celui de leurs salariés avec les activités de transformation ? Ils se sont bornés à exporter directement pour réaliser un profit immédiat. Pendant ce temps, leurs clients importateurs organisaient une filière de transformation de produits alimentaires qu’ils nous réimportaient ensuite. Comment les patrons bretons pouvaient ne pas savoir et ne pas s’en soucier ?

 

Car enfin, qui – en pratiquant cet élevage intensif – a utilisé des produits phytosanitaires qui ont pollué les cours d’eau et contribué à infester les plages bretonnes avec les fameuses algues vertes ?

Au-delà des taxes qu’ils dénoncent,  leur responsabilité dans la crise bretonne est manifeste. Les citoyens et les salariés ne doivent pas se tromper de cible. Pendant que les patrons crient au scandale, les citoyens et les salariés devraient crier au voleur.

 

En demandant encore plus d’aides pour moderniser la filière agro-alimentaire bretonne, les patrons s’aperçoivent trop tard qu’à trop tirer sur la ficelle, le lien se rompt. Cette modernisation nécessaire doit être soumise au contrôle des salariés et des pouvoirs publics. Les citoyens doivent avoir cette exigence, la bonne utilisation des crédits est à ce prix.

 

En refusant maintenant la taxe carbone votée sous la majorité précédente*, les patrons persévèrent dans un processus de pollution et de destruction de la planète qu’ils ont déjà bien engagé avec l’utilisation intensive des nitrates.

Il y a sans doute une solution pour adapter la perception de cette taxe sans nuire à l’activité agricole. Employeurs, salariés et pouvoirs publics doivent se mettre autour d’une table et chercher le meilleur compromis. C’est la main tendue par le gouvernement de Jean Marc Ayrault que les salariés doivent saisir. Celle des employeurs n’est pas suffisamment objective.

 

Je comprends qu’aveuglés et tétanisés par la perte immédiate ou potentielle de leur emploi, les salariés ne se rendent pas compte qu’ils sont manipulés. Après avoir été masse de travail, ils deviennent masse de manœuvre. C’est la double peine.

 

Je comprends l’attitude et le sang froid du gouvernement qui ne peut pas jeter de l’huile sur le feu. Je comprends que nos responsables appellent à se rassembler autour d’une table commune.

 

Je comprends moins le silence assourdissant du Parti Socialiste qui devrait dénoncer la supercherie et dresser les perspectives politiques. En étant absent de ce débat, place est laissée aux va-t-en guerre, place est laissée à la surenchère, place est laissée à la confusion.

Le débat sera efficace s’il s’appuie sur une analyse politique sans complaisance. Le Parti Socialiste doit y prendre toute sa place.

Les salariés maltraités y trouveront sans doute leur compte.

 

* Ancienne majorité qui devenue opposition dénonce ce qu’elle a initié… !

 

Jacques Machard

7 octobre 2013

Publié dans Opinion

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F
C'est bien connu, quand les gros bonnets se révoltent les petites têtes des petits bonnets suivent...
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